XVIIe siècle : Le régime de l'Edit de Nantes
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XVIIe siècle : Le régime de l'Edit de Nantes
L'édit de Nantes, signé en 1598 par Henri IV, mettait fin à 36 ans de guerres de religion. Une fois l'édit signé, Henri IV exige qu'il soit promulgué. Les autorités catholiques essayent de l'empêcher. Les parlements ne pouvant admettre qu'il y ait deux « religions » dans l'État refusent d'enregistrer l'édit. Le parlement de Paris ne cède qu'après un an, en 1599, et ceux de Toulouse, Dijon, Aix et Rennes au bout de deux ans, tandis que celui de Rouen n'enregistre l'édit qu'en 1609, au bout de onze ans.
Il s'ensuit une période de paix véritable. Au XVIIe siècle, les protestants qui vivent sous le régime de l'édit de Nantes font preuve de vitalité sur le plan théologique et intellectuel.
La France est, avec la Navarre, un des rares pays d'Europe admettant officiellement le catholicisme et le protestantisme. L'édit de Nantes, accordant aux protestants le droit de cité en France, dure près d'un siècle. En 1610, Henri IV est assassiné par Ravaillac. Les protestants perdent leur protecteur.
Après l'assassinat d'Henri IV en 1610, l'édit de Nantes apparaît fragile. Le début de la régence de Marie de Médicis inquiéte les réformés en raison du rapprochement avec l'Espagne catholique.
Louis XIII, après la paix d'Alès, leur ôte leurs places fortes. Louis XIV entame petit à petit leurs libertés religieuses puis emploie la force armée pour obtenir leur conversion au catholicisme. Par la Révocation de l'édit de Nantes en 1685, le protestantisme est interdit en France.
A suivre
http://museeprotestant.org
Il s'ensuit une période de paix véritable. Au XVIIe siècle, les protestants qui vivent sous le régime de l'édit de Nantes font preuve de vitalité sur le plan théologique et intellectuel.
La France est, avec la Navarre, un des rares pays d'Europe admettant officiellement le catholicisme et le protestantisme. L'édit de Nantes, accordant aux protestants le droit de cité en France, dure près d'un siècle. En 1610, Henri IV est assassiné par Ravaillac. Les protestants perdent leur protecteur.
Après l'assassinat d'Henri IV en 1610, l'édit de Nantes apparaît fragile. Le début de la régence de Marie de Médicis inquiéte les réformés en raison du rapprochement avec l'Espagne catholique.
Louis XIII, après la paix d'Alès, leur ôte leurs places fortes. Louis XIV entame petit à petit leurs libertés religieuses puis emploie la force armée pour obtenir leur conversion au catholicisme. Par la Révocation de l'édit de Nantes en 1685, le protestantisme est interdit en France.
A suivre
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Re: XVIIe siècle : Le régime de l'Edit de Nantes
L'Alsace et le Pays de Montbéliard
L'Alsace n'est rattachée à la France qu'à partir de 1648. Le roi Louis XIV y instaure alors une politique restrictive anti-luthérienne. Le Pays de Montbéliard, relativement indépendant, devient terre de refuge pour les protestants français. Les anabaptistes, chassés de Suisse, sont accueillis en Alsace.
Les mesures coercitives vis-à-vis de la communauté protestante, essentiellement luthérienne, s'appliquent à l'Alsace lorsque la France en prend possession au cours du XVIIe siècle, sans cependant atteindre l'intensité de la répression dans les autres provinces françaises.
La naissance de la communauté Amish en Alsace
Les amish sont apparus en Alsace à la fin du XVIIe siècle au sein de la communauté anabaptiste : leur fondateur, Jacob Amann, réclame une plus grande rigueur dans la discipline de la communauté.
Les anabaptistes au XVIe siècle
L'anabaptisme est un des courants de la Réforme radicale du XVIe siècle. Il est né en Suisse. Il se distingue de la Réforme luthérienne et calviniste par le refus du baptême des enfants. Ses adeptes prônent le baptême des adultes croyants et donc rebaptisent ceux qui avaient été baptisés enfants, d'où le terme d'« anabaptiste », (ou daïfer en Alsace) c'est-à-dire rebaptiseur. Ils refusent également de porter l'épée, d'exercer une fonction publique et de prêter serment.
Cette tendance pacifiste est jugée séditieuse et dangereuse, en 1529 au moment où les Turcs sont aux portes de Vienne et menacent l'occident. Les anabaptistes sont impitoyablement pourchassés et persécutés.
Ils sont accueillis à Strasbourg par les réformateurs Bucer et Capiton puis dispersés en Alsace. Ils tiennent des assemblées clandestines et sillonnent l'Alsace pour prêcher le pacifisme évangélique. Ils sont emprisonnés en particulier à Riquewihr où ils étaient nombreux mais les exécutions sont exceptionnelles. À la fin du XVIe siècle, la répression se calme et la doctrine anabaptiste se propage.
L'immigration suisse
Le XVIIe siècle est très marqué par les bouleversements de la guerre de Trente ans (1618-1648). En 1648 l'Alsace devient française (mises à part certaines villes). La province entière est terriblement dévastée, la population décimée tant par les maladies, la famine que par la soldatesque. Après la guerre, les autorités royales ou princières font dès lors tout leur possible pour favoriser l'immigration en offrant des terres en friches et des exemptions d'impôts. Ces mesures attirent de nombreux anabaptistes suisses.
En effet en 1635-36, dans le canton de Zurich, berceau de l'anabaptisme, a lieu une recrudescence de la persécution. Les anabaptistes sont considérés comme des rebelles à cause de leur position pacifiste. Les adultes sont enfermés, les enfants placés dans de nouvelles familles, les biens sont saisis. Situation analogue dans le canton de Berne en 1670-71 avec, comme mesure supplémentaire, des déportations sur les galères vénitiennes.
Grâce à l'appui des réformés hollandais et des anabaptistes alsaciens, après bien des difficultés, les anabaptistes suisses peuvent immigrer en Alsace. À partir de 1650, ils s'installent là où personne ne veut s'établir et remettent en état, fermes et moulins seigneuriaux, en particulier dans le comté de Ribeaupierre. On assiste à un regroupement d'anabaptistes dans cette région où la tolérance religieuse est reconnue. De citadin, l'anabaptisme devient rural. Quelques Bâlois et Hollandais les rejoignent. En 1660 au moulin d'Ohnenheim, ils adoptent une confession de foi commune. Cette confession de foi est toujours en usage dans les communautés amish aux Etats-Unis.
L'émergence des amish
À la fin du XVIIe siècle, une soixantaine de familles de la région de Berne viennent s'établir dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines sous la conduite de Jacob Amann. Celui qu'on nomme « le patriarche » s'offusque du mode de vie et de la discipline de la communauté anabaptiste alsacienne. Il exige une plus grande rigueur, en particulier une tenue vestimentaire emprunte de simplicité. La nouvelle communauté nommée « Jacob Amann's Partie », puis Amish aux U.S.A. est née en 1693 après leur séparation avec les anabaptistes (en Alsace on continue à les appeler Daïfer). Ils sont regroupés essentiellement autour de Sainte-Marie-aux-Mines et grâce à leur travail acharné connaissent une éclatante réussite économique. Ils acquièrent les fermes et domaines les plus importants de la vallée. Leurs troupeaux sont plus nombreux et plus productifs. La réussite de ces anabaptistes ne tarde pas à susciter des convoitises.
A suivre
L'Alsace n'est rattachée à la France qu'à partir de 1648. Le roi Louis XIV y instaure alors une politique restrictive anti-luthérienne. Le Pays de Montbéliard, relativement indépendant, devient terre de refuge pour les protestants français. Les anabaptistes, chassés de Suisse, sont accueillis en Alsace.
Les mesures coercitives vis-à-vis de la communauté protestante, essentiellement luthérienne, s'appliquent à l'Alsace lorsque la France en prend possession au cours du XVIIe siècle, sans cependant atteindre l'intensité de la répression dans les autres provinces françaises.
La naissance de la communauté Amish en Alsace
Les amish sont apparus en Alsace à la fin du XVIIe siècle au sein de la communauté anabaptiste : leur fondateur, Jacob Amann, réclame une plus grande rigueur dans la discipline de la communauté.
Les anabaptistes au XVIe siècle
L'anabaptisme est un des courants de la Réforme radicale du XVIe siècle. Il est né en Suisse. Il se distingue de la Réforme luthérienne et calviniste par le refus du baptême des enfants. Ses adeptes prônent le baptême des adultes croyants et donc rebaptisent ceux qui avaient été baptisés enfants, d'où le terme d'« anabaptiste », (ou daïfer en Alsace) c'est-à-dire rebaptiseur. Ils refusent également de porter l'épée, d'exercer une fonction publique et de prêter serment.
Cette tendance pacifiste est jugée séditieuse et dangereuse, en 1529 au moment où les Turcs sont aux portes de Vienne et menacent l'occident. Les anabaptistes sont impitoyablement pourchassés et persécutés.
Ils sont accueillis à Strasbourg par les réformateurs Bucer et Capiton puis dispersés en Alsace. Ils tiennent des assemblées clandestines et sillonnent l'Alsace pour prêcher le pacifisme évangélique. Ils sont emprisonnés en particulier à Riquewihr où ils étaient nombreux mais les exécutions sont exceptionnelles. À la fin du XVIe siècle, la répression se calme et la doctrine anabaptiste se propage.
L'immigration suisse
Le XVIIe siècle est très marqué par les bouleversements de la guerre de Trente ans (1618-1648). En 1648 l'Alsace devient française (mises à part certaines villes). La province entière est terriblement dévastée, la population décimée tant par les maladies, la famine que par la soldatesque. Après la guerre, les autorités royales ou princières font dès lors tout leur possible pour favoriser l'immigration en offrant des terres en friches et des exemptions d'impôts. Ces mesures attirent de nombreux anabaptistes suisses.
En effet en 1635-36, dans le canton de Zurich, berceau de l'anabaptisme, a lieu une recrudescence de la persécution. Les anabaptistes sont considérés comme des rebelles à cause de leur position pacifiste. Les adultes sont enfermés, les enfants placés dans de nouvelles familles, les biens sont saisis. Situation analogue dans le canton de Berne en 1670-71 avec, comme mesure supplémentaire, des déportations sur les galères vénitiennes.
Grâce à l'appui des réformés hollandais et des anabaptistes alsaciens, après bien des difficultés, les anabaptistes suisses peuvent immigrer en Alsace. À partir de 1650, ils s'installent là où personne ne veut s'établir et remettent en état, fermes et moulins seigneuriaux, en particulier dans le comté de Ribeaupierre. On assiste à un regroupement d'anabaptistes dans cette région où la tolérance religieuse est reconnue. De citadin, l'anabaptisme devient rural. Quelques Bâlois et Hollandais les rejoignent. En 1660 au moulin d'Ohnenheim, ils adoptent une confession de foi commune. Cette confession de foi est toujours en usage dans les communautés amish aux Etats-Unis.
L'émergence des amish
À la fin du XVIIe siècle, une soixantaine de familles de la région de Berne viennent s'établir dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines sous la conduite de Jacob Amann. Celui qu'on nomme « le patriarche » s'offusque du mode de vie et de la discipline de la communauté anabaptiste alsacienne. Il exige une plus grande rigueur, en particulier une tenue vestimentaire emprunte de simplicité. La nouvelle communauté nommée « Jacob Amann's Partie », puis Amish aux U.S.A. est née en 1693 après leur séparation avec les anabaptistes (en Alsace on continue à les appeler Daïfer). Ils sont regroupés essentiellement autour de Sainte-Marie-aux-Mines et grâce à leur travail acharné connaissent une éclatante réussite économique. Ils acquièrent les fermes et domaines les plus importants de la vallée. Leurs troupeaux sont plus nombreux et plus productifs. La réussite de ces anabaptistes ne tarde pas à susciter des convoitises.
A suivre
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La communauté protestante
La communauté protestante est surtout représentée dans l'Ouest et le Sud de la France, plutôt dans la petite noblesse, la bourgeoisie et l'artisanat. Elle a ses propres écoles et facultés de théologie qui permettent de transmettre la foi réformée. Des luthériens s'implantent à Paris, à la fin du siècle. En tant qu'étrangers, ils peuvent y pratiquer leur culte.
Au XVIIe siècle, les protestants réformés sont plus nombreux dans les provinces atlantiques et celles du Sud que dans celles du Nord de la France. On assiste à un long dépérissement de la population protestante.
Une première cause n'est pas religieuse : il s'agit des pestes qui ont provoqué une mortalité considérable dans les villes protestantes :
à Montpellier en 1629-1630
à Anduze en 1650
à Montauban en 1653-1654
à Saumur en 1624 et 1631
L'autre cause est politique et militaire. Des villes comme La Rochelle et Privas ont été lourdement sanctionnées lors des sièges. D'autres villes ont subi la perte de leur garnison après la paix d'Alès (1629). Des conversions au catholicisme ont aussi réduit la population protestante.
Vers 1660-1670, le protestantisme français est presque uniquement réformé. Il est globalement très minoritaire dans le royaume : environ 800 000 habitants, soit 4,5 % de la population française. Sa répartition n'est pas du tout homogène : la densité est beaucoup plus faible dans le Nord du royaume que dans le Midi et dans les régions atlantiques.
Sociologie du protestantisme
Après l'édit de Nantes et surtout la paix d'Alès, l'affaiblissement de la noblesse réformée est sensible. La bourgeoisie d'affaires tend à prendre le relais à la tête des Églises réformées.
Noblesse
L'affaiblissement de la noblesse protestante au XVIIe siècle qui constituait l'âme du parti protestant avant la paix d'Alès (1629) touche essentiellement la haute noblesse. Dans la noblesse provinciale, les protestants restent fidèles à leur religion. En Picardie et en Bourgogne ce sont des seigneurs qui maintiennent les Églises en utilisant leur droit de fief.
De nombreux réformés se distinguent dans le métier des armes. Ils servent dans l'armée royale ou dans les armées étrangères alliées de la France.
Après la révocation de l'Édit de Nantes, en 1685, les officiers protestants sont nombreux à émigrer pour entrer au service de Guillaume d'Orange ou de l'Électeur de Brandebourg.
Bourgeoisie
Le protestantisme reste une religion de la ville et du bourg.
Au fur et à mesure que les protestants sont écartés des emplois officiels par les ordonnances royales, à partir des années 1660, ils s'orientent vers la finance et les affaires, l'artisanat et le commerce.
Parmi les protestants de Paris figurent de grands commis, des banquiers comme Samuel Bernard, des hommes d'affaire comme les Gobelin.
En province, on trouve des soyeux à Nîmes, des négociants à Lyon et à Bordeaux, des drapiers à Alençon et à Montauban, des papetiers à Angoulême, des tapissiers à Aubusson.
Les Églises urbaines sont riches et bénéficient d'un corps pastoral de qualité.
Les huguenots sont présents dans le monde littéraire et artistique. Pensons à Valentin Conrart (1603-1675), premier secrétaire de l'Académie française, ou aux nombreux artistes qui faisaient partie de l'Académie royale de peinture et de sculpture.
Monde rural
Le protestantisme du monde rural, habitant hameaux, villages ou bourgs, vivant de la terre et de la laine, reste stable dans les régions où il est majoritaire depuis les années 1560 : les Cévennes, le Bas-Languedoc et le Sud du Poitou.
L'enseignement protestant au XVIIe siècle
Transmettre la foi réformée est au XVIIe siècle, le but fondamental de l'enseignement protestant. On ne peut concevoir à cette époque d'enseignement purement laïc.
Comme tous les humanistes du XVIe siècle, les réformateurs, Luther en tête, ont fait de l'instruction des enfants à l'école un devoir pour les parents et pour les Eglises. Devoir inscrit dans la Discipline des Églises réformées de France, depuis le synode national de Sainte-Foy en 1578.
Les luthériens à Paris
C'est aux rois de Suède, à leurs ambassadeurs et au dévouement des pasteurs que l'on doit la constitution en 1679 puis la survie, après la révocation de l'édit de Nantes, de la communauté luthérienne de Paris issue de l'immigration.
En octobre 1626, une proclamation à sensation co-signée par une vingtaine de princes et ambassadeurs scandinaves et allemands en mission diplomatique à Paris fait savoir qu'un culte luthérien avec Sainte-Cène a été célébré sous la présidence du pasteur suédois Jonas Hambraeus dans une de leurs ambassades.
Plus qu'un acte de foi, c'est une provocation car tous les luthériens présents à Paris sont invités pour la « prochaine fois ». Cette invitation ne prend effet qu'en 1635 avec l'installation comme légat permanent de Suède à Paris d'Hugo Grotius. Celui-ci s'établit au quai Malaquais, ouvre sa « chapelle » - c'est en fait le salon de l'ambassade dont les meubles sont enlevés - et engage Hambraeus comme pasteur : il y a culte chaque dimanche et tous les luthériens de Paris peuvent s'y rendre
http://museeprotestant.org
A suivre
Au XVIIe siècle, les protestants réformés sont plus nombreux dans les provinces atlantiques et celles du Sud que dans celles du Nord de la France. On assiste à un long dépérissement de la population protestante.
Une première cause n'est pas religieuse : il s'agit des pestes qui ont provoqué une mortalité considérable dans les villes protestantes :
à Montpellier en 1629-1630
à Anduze en 1650
à Montauban en 1653-1654
à Saumur en 1624 et 1631
L'autre cause est politique et militaire. Des villes comme La Rochelle et Privas ont été lourdement sanctionnées lors des sièges. D'autres villes ont subi la perte de leur garnison après la paix d'Alès (1629). Des conversions au catholicisme ont aussi réduit la population protestante.
Vers 1660-1670, le protestantisme français est presque uniquement réformé. Il est globalement très minoritaire dans le royaume : environ 800 000 habitants, soit 4,5 % de la population française. Sa répartition n'est pas du tout homogène : la densité est beaucoup plus faible dans le Nord du royaume que dans le Midi et dans les régions atlantiques.
Sociologie du protestantisme
Après l'édit de Nantes et surtout la paix d'Alès, l'affaiblissement de la noblesse réformée est sensible. La bourgeoisie d'affaires tend à prendre le relais à la tête des Églises réformées.
Noblesse
L'affaiblissement de la noblesse protestante au XVIIe siècle qui constituait l'âme du parti protestant avant la paix d'Alès (1629) touche essentiellement la haute noblesse. Dans la noblesse provinciale, les protestants restent fidèles à leur religion. En Picardie et en Bourgogne ce sont des seigneurs qui maintiennent les Églises en utilisant leur droit de fief.
De nombreux réformés se distinguent dans le métier des armes. Ils servent dans l'armée royale ou dans les armées étrangères alliées de la France.
Après la révocation de l'Édit de Nantes, en 1685, les officiers protestants sont nombreux à émigrer pour entrer au service de Guillaume d'Orange ou de l'Électeur de Brandebourg.
Bourgeoisie
Le protestantisme reste une religion de la ville et du bourg.
Au fur et à mesure que les protestants sont écartés des emplois officiels par les ordonnances royales, à partir des années 1660, ils s'orientent vers la finance et les affaires, l'artisanat et le commerce.
Parmi les protestants de Paris figurent de grands commis, des banquiers comme Samuel Bernard, des hommes d'affaire comme les Gobelin.
En province, on trouve des soyeux à Nîmes, des négociants à Lyon et à Bordeaux, des drapiers à Alençon et à Montauban, des papetiers à Angoulême, des tapissiers à Aubusson.
Les Églises urbaines sont riches et bénéficient d'un corps pastoral de qualité.
Les huguenots sont présents dans le monde littéraire et artistique. Pensons à Valentin Conrart (1603-1675), premier secrétaire de l'Académie française, ou aux nombreux artistes qui faisaient partie de l'Académie royale de peinture et de sculpture.
Monde rural
Le protestantisme du monde rural, habitant hameaux, villages ou bourgs, vivant de la terre et de la laine, reste stable dans les régions où il est majoritaire depuis les années 1560 : les Cévennes, le Bas-Languedoc et le Sud du Poitou.
L'enseignement protestant au XVIIe siècle
Transmettre la foi réformée est au XVIIe siècle, le but fondamental de l'enseignement protestant. On ne peut concevoir à cette époque d'enseignement purement laïc.
Comme tous les humanistes du XVIe siècle, les réformateurs, Luther en tête, ont fait de l'instruction des enfants à l'école un devoir pour les parents et pour les Eglises. Devoir inscrit dans la Discipline des Églises réformées de France, depuis le synode national de Sainte-Foy en 1578.
Les luthériens à Paris
C'est aux rois de Suède, à leurs ambassadeurs et au dévouement des pasteurs que l'on doit la constitution en 1679 puis la survie, après la révocation de l'édit de Nantes, de la communauté luthérienne de Paris issue de l'immigration.
En octobre 1626, une proclamation à sensation co-signée par une vingtaine de princes et ambassadeurs scandinaves et allemands en mission diplomatique à Paris fait savoir qu'un culte luthérien avec Sainte-Cène a été célébré sous la présidence du pasteur suédois Jonas Hambraeus dans une de leurs ambassades.
Plus qu'un acte de foi, c'est une provocation car tous les luthériens présents à Paris sont invités pour la « prochaine fois ». Cette invitation ne prend effet qu'en 1635 avec l'installation comme légat permanent de Suède à Paris d'Hugo Grotius. Celui-ci s'établit au quai Malaquais, ouvre sa « chapelle » - c'est en fait le salon de l'ambassade dont les meubles sont enlevés - et engage Hambraeus comme pasteur : il y a culte chaque dimanche et tous les luthériens de Paris peuvent s'y rendre
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La révocation de l'édit de Nantes
La politique antiréformée (1661-1685)
Afin de mettre à exécution sa politique de réduction de la « religion prétendue réformée » (R.P.R.), le roi Louis XIV utilise d'abord des moyens pacifiques, juridiques, puis il aura recours à la force.
La politique anti-réformée se révélant insuffisante, le pouvoir a recours à la force : les dragonnades ou logement forcé des soldats chez les protestants avec autorisation de piller et malmener. Les protestants terrorisés par les dragons abjurent en masse. Face à cette situation, Louis XIV révoque l'édit de Nantes par l'édit de Fontainebleau. Ce nouvel édit interdit l'exercice de la religion réformée et décrète la démolition de tous les temples encore debout. Les pasteurs doivent abjurer ou s'exiler. Les fidèles n'ont plus d'état civil autre que catholique. Beaucoup choisissent l'émigration (cependant interdite) plutôt que de se soumettre.
L'édit de Fontainebleau suscite des réactions violentes : approbation en France parmi les catholiques, mais à l'étranger les méthodes employées provoquent réserve ou indignation.
Les protestants qui sont restés en France et qui ont abjuré sont appelés « les nouveaux convertis ». Ils sont obligés de se soumettre aux pratiques catholiques : aller à la messe, faire baptiser leurs enfants, recevoir l'extrême-onction à l'article de la mort.
Bien des nouveaux convertis continuent de pratiquer leur religion réformée soit en famille ou dans des réunions privées soit dans des assemblées clandestines, en plein air, dans des lieux reculés. Lorsque ces assemblées sont surprises, la répression est sévère : prisons et galères attendent les récalcitrants.
L'émigration atteint son point culminant au lendemain de la Révocation de l'Édit de Nantes(1685). Commencée dès les premières années du règne personnel de Louis XIV (1661), et causée par les mesures restrictives à l'Édit de Nantes, elle se poursuit jusqu'à la fin du règne de Louis XIV.
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Afin de mettre à exécution sa politique de réduction de la « religion prétendue réformée » (R.P.R.), le roi Louis XIV utilise d'abord des moyens pacifiques, juridiques, puis il aura recours à la force.
La politique anti-réformée se révélant insuffisante, le pouvoir a recours à la force : les dragonnades ou logement forcé des soldats chez les protestants avec autorisation de piller et malmener. Les protestants terrorisés par les dragons abjurent en masse. Face à cette situation, Louis XIV révoque l'édit de Nantes par l'édit de Fontainebleau. Ce nouvel édit interdit l'exercice de la religion réformée et décrète la démolition de tous les temples encore debout. Les pasteurs doivent abjurer ou s'exiler. Les fidèles n'ont plus d'état civil autre que catholique. Beaucoup choisissent l'émigration (cependant interdite) plutôt que de se soumettre.
L'édit de Fontainebleau suscite des réactions violentes : approbation en France parmi les catholiques, mais à l'étranger les méthodes employées provoquent réserve ou indignation.
Les protestants qui sont restés en France et qui ont abjuré sont appelés « les nouveaux convertis ». Ils sont obligés de se soumettre aux pratiques catholiques : aller à la messe, faire baptiser leurs enfants, recevoir l'extrême-onction à l'article de la mort.
Bien des nouveaux convertis continuent de pratiquer leur religion réformée soit en famille ou dans des réunions privées soit dans des assemblées clandestines, en plein air, dans des lieux reculés. Lorsque ces assemblées sont surprises, la répression est sévère : prisons et galères attendent les récalcitrants.
L'émigration atteint son point culminant au lendemain de la Révocation de l'Édit de Nantes(1685). Commencée dès les premières années du règne personnel de Louis XIV (1661), et causée par les mesures restrictives à l'Édit de Nantes, elle se poursuit jusqu'à la fin du règne de Louis XIV.
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